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dimanche 25 octobre 2026

Société

Colère sociale : le gouvernement teste un baromètre d’apaisement chiffré au décibel près

Face aux cortèges du samedi, les ministères planchent sur une grille de conversion inédite : combien de centimes de SMIC faut-il injecter pour faire taire un mégaphone, et quelle couche de peinture sur un lycée permet de récupérer un rond-point ?

Publié le · Satire · Réf. 261024-X1
Illustration : Colère sociale : le gouvernement teste un baromètre d’apaisement chiffré au décibel près
Illustration générée par IA · Le Quotidien Presque Certain — illustration satirique, sans rapport avec des faits réels.
Article satirique. Le Quotidien Presque Certain est un journal satirique. Cet article est une œuvre d'humour et de fiction : les situations, propos et personnages décrits sont inventés ou déformés à des fins parodiques. Il ne rapporte pas des faits réels.

Le samedi en France répond désormais à une mécanique bien huilée : des slogans scandés au mégaphone dès quatorze heures, une odeur de merguez vers quinze heures trente, et une réunion de crise à Matignon avant le journal télévisé. Mais face à cette équation récurrente, l’approche empirique a fait son temps. Dans les couloirs ministériels, l’heure est au calcul exact.

Pour répondre aux cortèges qui ont de nouveau battu le pavé ce 24 octobre, un groupe de travail interministériel a mis au point un outil de modélisation prédictive : l’Indice de Décrispation Proratisée. L’ambition affichée tient sur un tableur : mesurer l’impact direct de chaque annonce gouvernementale sur la tension artérielle du corps social, au milligramme près.

Le cours officiel de la revendication

Selon ce document interne dont les grandes lignes circulent sous le manteau, le mécontentement populaire ne serait plus une affaire de sentiments, mais un simple problème de robinetterie budgétaire. À chaque revendication correspond désormais un coefficient de neutralisation très précis.

Une revalorisation du SMIC de 1,2 % permettrait ainsi, d’après les algorithmes officieux, de réduire de 4,3 décibels le volume moyen des sifflets entre la place de la République et la place de la Nation. Poussée à 2 %, cette même hausse autoriserait même une dispersion du cortège avec dix-huit minutes d’avance sur l’horaire prévu par la préfecture, pour peu qu’une pluie fine vienne prêter main-forte aux finances publiques.

La jeunesse lycéenne et étudiante fait l’objet d’un paramétrage encore plus minutieux. Les experts ont calculé qu’une refonte sémantique de Parcoursup, rebaptisé pour l’occasion en atelier de concertation permanente, neutraliserait exactement 34 % des assemblées générales improvisées dans les préaux.

Radiateurs contre banderoles

Le volet matériel n’a pas été négligé. Le remplacement d’un carreau cassé dans un lycée de banlieue rapporterait ainsi 0,8 point de paix sociale locale pendant une durée maximale de quarante-huit heures. Pour des radiateurs qui fonctionnent réellement au mois de novembre, les modèles prédisent même un recul historique du mot d’ordre de grève générale, au moins jusqu’aux vacances de la Toussaint.

Dans les états-majors syndicaux, on feint d’ignorer la formule tout en recalculant discrètement ses propres marges. Plusieurs responsables associatifs auraient déjà demandé à ce que les promesses d’écoute soient indexées sur l’inflation, estimant qu’un engagement solennel prononcé en 2024 a perdu au moins 15 % de son pouvoir calmant deux ans plus tard.

Reste une inconnue majeure que les graphiques peinent à intégrer : l’effet de seuil. Selon plusieurs observateurs dubitatifs, lorsque le citoyen moyen a défilé six samedis consécutifs sous la bruine, aucune formule mathématique ne parvient à compenser le simple plaisir de crier au micro en mangeant une saucisse tiède.

Actualité ayant inspiré cette fiction : franceinfo. Le contenu ci-dessus est entièrement parodique.