Diagonale des Fous : le monde du sport fasciné par l'art de gravir 10 000 mètres pour éviter de prendre le car
Après la victoire fulgurante d'Hugo Deck en moins de 23 heures sur les 180 kilomètres de la Diagonale des Fous, observateurs et passionnés saluent un exploit herculéen tout en rappelant qu'il existe pourtant des axes carrossables parfaitement goudronnés.
Cent quatre-vingts kilomètres de ravins, dix mille deux cents mètres de dénivelé positif, des pitons tranchants et des forêts denses : pour relier le sud au nord de La Réunion, il fallait soit monter dans une voiture climatisée pour deux heures de trajet, soit s’élancer à pied pendant près de vingt-trois heures en mangeant des gels énergétiques au goût de carton sucré. Hugo Deck a choisi la seconde option, s’imposant d’une traite à seulement vingt-six ans.
L’exploit d’ignorer méthodiquement la ligne droite
La performance, unanimement saluée pour sa démesure athlétique, met en lumière cette singulière passion moderne qui consiste à chercher le relief le plus hostile possible afin de tester les limites de l’organisme. Pourquoi emprunter un trottoir civilisé quand on peut escalader un précipice boueux à la lueur d’une lampe frontale défaillante ?
Dans le peloton comme chez les admirateurs, le consensus est absolu : plus la pente ressemble à une falaise verticale interdite aux chèvres sauvages, plus la démarche gagne en noblesse spirituelle. L’ingénierie routière, qui s’évertue depuis des siècles à contourner les obstacles naturels pour épargner les rotules humaines, se retrouve ainsi reléguée au rang de facilité bourgeoise.
Le triomphe de la sueur sur la géographie
Courir l’équivalent de plusieurs ascensions de l’Everest en moins d’une rotation terrestre complète force le respect. Cela prouve également que l’être humain est capable de déployer une logistique titanesque simplement pour traverser un territoire sans jamais céder à la tentation de s’asseoir confortablement sur un siège rabattable.
À l’arrivée, sous les vivats d’un public acquis à la cause de la douleur volontaire, le champion a inscrit son nom dans la légende insulaire. Les suiveurs, eux, repartiront vers leurs hôtels respectifs en taxi, admiratifs mais prudemment assis, conscients qu’il est parfois sage de laisser les montagnes là où la tectonique des plaques a jugé bon de les empiler.
Actualité ayant inspiré cette fiction : France 24. Le contenu ci-dessus est entièrement parodique.