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lundi 26 octobre 2026

La Manchette de la Manchette

Portrait fictif de Jean-Eudes de la Manchette (image générée par IA)

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Édito du 25 octobre 2026, par Jean-Eudes de la Manchette · Tous les éditos →

Culture

Théâtre : une commission passe cinq heures à débattre de l'extravagance sans réussir à employer un seul nom concret

Saisis par l'émergence de spectacles lyriques et grotesques sur les scènes parisiennes, les membres d'un comité théâtral spécialisé ont tenu leur séance annuelle sans aborder le moindre fait précis.

Publié le · Satire · Réf. 261025-06
Des membres d'une commission culturelle débattent avec gravité autour d'une table dorée.
Illustration générée par IA · Le Quotidien Presque Certain — illustration satirique, sans rapport avec des faits réels.
Article satirique. Le Quotidien Presque Certain est un journal satirique. Cet article est une œuvre d'humour et de fiction : les situations, propos et personnages décrits sont inventés ou déformés à des fins parodiques. Il ne rapporte pas des faits réels.

C’était la réunion la plus attendue de la rentrée théâtrale. Face au succès des formes lyriques exagérées et des interprétations extravagantes sur les planches de la capitale, les experts du Conseil supérieur de la préciosité devaient poser des mots clairs sur le phénomène. Après cinq heures de travaux intensifs dans un salon feutré, le compte rendu officiel est tombé : personne n’a réussi à formuler une seule phrase contenant un sujet, un verbe et un complément d’objet direct identifiable.

Un consensus très fort autour de concepts indistincts

Dès l’ouverture de la séance, les participants se sont accordés sur la nécessité d’interroger la béance de la posture scénique. Pendant près d’une heure et demie, la discussion s’est ainsi articulée autour de haussements de sourcils approbateurs et de formules vaporeuses telles que c’est tout à fait ça, mais en plus grand ou encore il y a là un frisson de la démesure qui interpelle.

L’impossibilité matérielle de nommer les choses

L’un des rares moments de tension de l’après-midi est survenu lorsqu’un intervenant, Jean-Eudes de la Parnasse, a failli désigner un accessoire de scène par son nom commun. L’assemblée a immédiatement suspendu la séance pendant dix minutes afin de permettre à l’orateur de retrouver ses esprits et d’exprimer son idée par un simple soupir prolongé accompagné d’un geste vaporeux vers le plafond.

Le secrétariat de la commission a ensuite tenté de consigner les échanges dans un rapport officiel. Les membres ont unanimement rejeté toute tentative d’intégrer une définition claire du baroque ou du ridicule maîtrisé, estimant qu’une précision lexicale risquerait d’altérer la vibration pure de l’exagération.

Une synthèse finale composée de synonymes

En fin de journée, le communiqué récapitulatif tenait en trois pages d’adjectifs qualificatifs. On y apprend notamment que l’outrance au théâtre est quelque chose de très particulier, qu’elle s’inscrit dans une dynamique d’envolée soutenue et qu’il convient de maintenir cette appréciation jusqu’à nouvel ordre. La commission a prévu de se réunir à nouveau le mois prochain pour déterminer si le terme flamboyance doit s’accompagner d’un hochement de tête vers la gauche ou vers la droite.

Actualité ayant inspiré cette fiction : Le Monde - Culture. Le contenu ci-dessus est entièrement parodique.