« Pourquoi se plaindre des PFAS quand ils rendent nos organismes totalement déperlants ? », s'interroge un expert
Alors que la présence de polluants éternels dans l'environnement suscite de vives inquiétudes, un cercle de réflexion préconise d'en embrasser les avantages : une imperméabilité naturelle et un gain de temps considérable lors de la douche quotidienne.
Face à la prolifération des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les nappes phréatiques et l’alimentation, une voix dissonante tente de ramener un peu d’optimisme dans le débat public. Dans un rapport de quatre cents pages abondamment illustré de schémas techniques, l’Institut de la Déperlance Intégrale invite les autorités à cesser toute tentative d’épuration pour se concentrer sur les bénéfices collatéraux de ces molécules dites éternelles.
Un traitement céramique administré dès le robinet
Selon les travaux menés par cet organisme d’étude fictif, l’imprégnation progressive des tissus humains par des composés fluorés ne constitue pas une dégradation environnementale, mais une transition biologique vers une étanchéité supérieure. En atteignant un seuil critique de concentration sanguine, le corps humain développerait une pellicule protectrice capable de repousser naturellement la boue, le café tiède et les jus de cuisson.
Plutôt que d’investir des milliards d’euros dans des filtres à charbon actif particulièrement coûteux, le rapport suggère qu’il est plus rationnel d’accepter que la population devienne progressivement auto-nettoyante. L’étude souligne qu’un adulte exposé pendant dix ans aux rejets industriels peut désormais traverser une averse normande sans parapluie tout en restant parfaitement sec au niveau du torse.
Des retombées positives sur le budget des ménages
Outre les économies réalisées sur le textile imperméable, les experts de cet institut mettent en avant des simplifications quotidiennes majeures. La douche du matin, jusqu’alors gourmande en eau et en savon, pourrait être remplacée par un simple coup de chiffon microfibre sur le front. De même, les taches d’huile de friteuse sur les bras ne nécessiteraient plus qu’un rinçage rapide à l’eau claire, sans frotter.
Sur le plan de la restauration collective, des perspectives inédites s’ouvriraient également : les convives de cantines scolaires fortement imprégnés de PFAS pourraient recevoir de la soupe directement dans les paumes de mains sans risquer la moindre absorption cutanée.
Vers un label de résistance corporelle
L’institut recommande ainsi d’abandonner les seuils maximaux d’exposition au profit de critères de performance de la peau. Les citoyens recevraient, lors de leur bilan de santé annuel, un indice de glisse gradué de 1 à 10. Les individus atteignant la note maximale se verraient dispensés d’essuie-glaces sur leur véhicule individuel, leur simple regard suffisant à faire ruisseler les précipitations.
Si la communauté scientifique réelle s’inquiète légitimement des impacts de ces molécules sur la santé et les écosystèmes, le document conclut dans un élan de sérénité sur le fait qu’au moins, la mémoire de la pollution sera préservée pour l’éternité, directement encodée dans chaque cellule de la population.
Actualité ayant inspiré cette fiction : Le Monde - Planète. Le contenu ci-dessus est entièrement parodique.
